lundi 11 juin 2018

Message 11 aux élus de Noisy Le Sec - Lynky, Que peut faire un maire face aux capteurs Linky ?

Monsieur le Maire,
Mesdames et Messieurs les Conseillers,
Nous avons lu avec plaisir dans le dernier numéro du Noiséen (n° 78) l'encart portant sur le capteur Linky. 


Vous vous doutez bien que le point de vue qui y est défendu n'est pas exactement le nôtre, mais une discussion n'a de sens que si elle permet la confrontation d'opinions différentes. Or jusqu'à présent il n'y a pas discussion, les opinions s'affichant dans les boîtes mail ou les boîtes aux lettres ou dans le journal municipal sans se confronter.
Dans ce texte, Monsieur le Maire, vous dites ne pas être compétent "sur le déploiement des compteurs Linky puisqu'il dépend d'une décision de l’État prise lors de la loi de transition énergétique de 2015". Mais la loi de transition énergétique n'a jamais décrété qu'il fallait imposer à tous les foyers un capteur de données fonctionnant avec le courant porteur en ligne (CPL). Elle se contente de préconiser la pose de compteurs communicants permettant à l'usager de mieux maîtriser sa consommation et "aux fournisseurs la possibilité d'accéder aux données de comptage de consommation, en aval du compteur et en temps réel, sous réserve de l'accord du consommateur" (art. L. 341-4 du code de l’énergie modifié par l'art 28 de la loi n° 2015-992 du 17 août 2015).
De plus, comme l'a justement rappelé la Cour des comptes, les compteurs d'électricité restent la propriété des municipalités, même lorsque la gestion de la distribution d'électricité a été transférée à un syndicat intercommunal comme le SIPPEREC. Ce qui laisse au maire un levier d'intervention contre le Linky. Vous n'êtes d'ailleurs pas sans savoir que de nombreuses municipalités - 658 à ce jour - se sont prononcées par des arrêtés, des délibérations ou des vœux contre la pose du Linky sur leur territoire. Les élus municipaux qui ont ainsi pris au sérieux les inquiétudes de leurs administrés se seraient-ils tous trompés ?
Certes, une bonne partie de ces mesures restent lettre morte, vœux pieux, lorsqu'elles ne sont pas attaquées devant la justice administrative par les préfets et par Enedis (qui s'en prend de préférence aux plus petites, qu'il est facile d'étrangler par des amendes). Bien que le préfet n'ait pas le pouvoir de casser les arrêtés municipaux, plusieurs communes acceptent de suspendre la mesure qu'elles ont prise en attendant la décision de justice qui tombera deux ou trois ans plus tard. D'autres maires annulent spontanément leur arrêté sur simple menace du préfet, ce qui laisse à penser que leur mesure de protection contre les méfaits du Linky relevait plus du calcul électoral à l'approche des élections locales que d'une conviction profonde. Dans ces deux cas, malheureusement, Enedis continue sans peine à imposer la pose du Linky aux habitants, laissant ses sous-traitants recourir, pour contrer les oppositions croissantes, aux méthodes de voyou dont nous vous avons déjà fait part.
Mais il est aussi d'autres maires, plus rares il est vrai, qui, prenant au sérieux leur obligation de protection de leurs administrés, savent ne pas se laisser intimider. A titre d'exemple, citons les cas de M. Dupont-Aignan, ancien maire de Yerres dans l'Essonne, et de M. Pierre Pantanella, maire de Saint-Rome-de-Cernon dans l'Aveyron, qui ont fait intervenir, l'un la police municipale, l'autre la gendarmerie pour mettre fin au harcèlement de leurs concitoyens par les poseurs de Linky.
Nous ne vous demandons certes pas, Monsieur le Maire, de vous mettre à la tête d'une horde de Noiséens armés de fourches pour chasser les poseurs de Linky ; nous nous permettons simplement de vous suggérer quelques initiatives utiles ne sortant pas de vos compétences, qui pourraient s'inspirer de ce qui s'est déjà fait dans les communes proches :
- A l'instar de la mairie de Montreuil, vous pourriez décréter un moratoire sur la pose du Linky en attendant que les preuves soient fournies de l'absence de dangers pour la santé des habitants et la sécurité de leurs données personnelles (http://refus.linky.gazpar.free.fr/arrete-MONTREUIL.pdf).
- A l'instar de la mairie de Pantin, vous pourriez prendre un arrêté demandant à Enedis de consulter chaque Noiséen afin de recueillir son libre consentement préalablement à l'installation d'un compteur Linky à son domicile et demander au bailleur social que vous présidez d'informer les locataires titulaires d'un contrat de fourniture d'électricité de leur droit à accepter ou refuser la pose du capteur Linky (en pièce jointe, l'arrêté de la mairie de Pantin et l'affichette posée par Pantin Habitat dans les immeubles qu'il gère).
- A l'instar de la députée de notre circonscription, vous pourriez organiser une ou plusieurs réunions d'information ou de débat contradictoire avec les responsables d'Enedis, que nous nous ferions un plaisir de vous aider à animer.
- Vous pourriez aussi publier dans le Noiséen tous les messages d'information que nous vous avions adressés et nous offrir une rubrique régulière dans ce journal.
Ces initiatives ne s'excluent pas réciproquement, bien au contraire. Comme elles n'en excluent pas d'autres que vous sauriez sûrement prendre de votre propre chef pour contribuer à amener le gouvernement à tenir compte non seulement des inquiétudes mais aussi l'avis des ses sujets.
C'est pourquoi nous vous demandons : que comptez-vous faire, Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les Conseillers, pour protéger les intérêts de vos administrés ?
Avec nos salutations respectueuses.
Le collectif anti-Linky de Noisy-le-Sec

dimanche 3 juin 2018

Message 10 aux élus de Noisy Le Sec - Lynky, FONCIA porte plainte contre Enedis

Monsieur le Maire,
Mesdames et Messieurs les Conseillers,
Nous vous avons déjà mis au courant des méthodes de voyou utilisées par les sous-traitants d'Enedis dans la pose forcée des capteurs Linky. Cette semaine nous nous bornons à vous transmettre l'article ci-dessous, repris du site du JSD (http://lejsd.com/content/le-linky-et-les-hors-la-loi).

Lundi 14 mai 2018 - 14:31
Claude Mastre
Mandaté par le Conseil syndical de copropriété, j’évoque ici une violation de domicile avec effraction perpétrée au 1 rue Fontaine et datée du 21 mars dernier. Cela fera écho à un article récent du JSD qui constatait qu’à Saint Denis déjà 78% des compteurs électriques sont remplacés par le Linky ! Un pourcentage étonnant quand on sait que partout la controverse reste vive.
On cherche alors à comprendre : l’indifférence ou la résignation auraient-elles gagné les Dionysiens et leur municipalité, notamment après l’annulation par la justice du moratoire de 2016 ? Le Parisien écrivait pourtant en décembre 2017 que la ville restait « attentive à la question du déploiement du Linky », se réservant « de recourir à tous les moyens de droit pour protéger les habitants». C’est ce que d’autres villes ont fait et font encore en organisant le débat et en exprimant réserves ou refus par d’autres voies que le moratoire, le zèle de la justice tendant ici, de fait, à bâillonner toute critique du Linky alors même que la confusion règne dans les textes et dans les déclarations autorisées : en novembre dernier par exemple, le ministre Hulot annonçait que le Linky n’est pas si dangereux et… qu’il n’est pas obligatoire.
Dans la même période, au cours de deux longues séances de travail, un examen sérieux des informations contradictoires qui circulent au sujet de ce compteur a conduit notre conseil syndical à douter beaucoup et à proposer de s'abstenir. Les copropriétaires informés purent choisir le refus immédiat ou le renvoi de leur décision au lendemain de l'AG de juin 2018. La lettre de refus ou de demande de report fut adressée en novembre et décembre à ENEDIS et à EDF accompagnée de l’argumentaire et en recommandé avec A/R. Des confirmations verbales s’ajoutèrent au courrier quand ENEDIS ou MYFOWO, sous-traitant choisi par ENEDIS, insistaient par téléphone.
Mais le 21 mars dernier, entre 12h et 14h30, deux techniciens de MYFOWO s’infiltrèrent quand même dans l'immeuble pour procéder à l’installation forcée de huit compteurs LINKY en détruisant pour ce faire la porte d’un local privé fermé à clé.
Au mépris de nos courriers élaborés avec sérieux, l’installation forcée du Linky au 1 rue Fontaine rappelle davantage le mode opératoire des braqueurs de banque que l’intervention technique, et on sait qu’elle n’est pas une exception. Parler des inconvénients du Linky implique donc qu’on évoque aussi les méthodes mises en œuvre pour nous imposer sa technologie.
Soutenus par notre syndic, nous avons porté plainte pour violation de domicile avec effraction et destruction de bien privé."
Nous sommes sûrs, Monsieur le Maire, qu'en tant qu'ancien notaire, vous saurez apprécier à sa juste la valeur la réaction scandalisée du syndic face aux agissements criminels d'Enedis et de ses sous-traitants.
Que comptez-vous faire, Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les Conseillers, pour protéger vos administrés de ces pratiques scandaleuses et brutales ?

Avec nos salutations respectueuses.
Le collectif anti-Linky de Noisy-le-Sec

voir le courrier de Foncia à Enédis

vendredi 25 mai 2018

Message 9 aux élus de Noisy Le Sec - Linky, La « box » imposée d’Enedis pour la maison connectée

Monsieur le Maire,
Mesdames et Messieurs les Conseillers,

Vous n'êtes pas sans savoir que Linky est l’objet qui manquait à Enedis pour pénétrer le marché de la maison connectée. Sans doute connaissez-vous déjà les offres naissantes comme Google Home ou Amazon Echo. Ces nouveaux systèmes payants proposent à leurs abonnés des solutions wi-fi pour piloter leurs appareils ménagers, ampoules, prises, alarmes et autres électroménagers compatibles, de plus en plus nombreux (https://www.latribune.fr/technos-medias/electronique/20140429trib000827468/la-maison-intelligente-pour-tous-c-est-pour-demain.html). Ces nouvelles applications passant par les box internet de la maison deviennent concurrentes des box domotiques spécialisées plus anciennes, telles que le Fibaro Home Center, la Vera Lite ou des systèmes d’alarme connectés tels que My Fox Home Alarm. La bataille commerciale fait rage.
Ce marché de la maison connectée échappait à Enedis dans le contexte grandissant du Big Data et de la vente des données personnelles. Aujourd’hui Enedis rattrape son retard et profite de sa position monopolistique. En effet Enedis est gestionnaire de 95 % du réseau d’électricité. Cette position lui permet d’imposer aujourd’hui son nouvel outil Linky, qui sera sa « box » connectée dans tous les foyers français (https://www.journaldunet.com/economie/energie/1181724-philippe-monloubou-enedis-erdf-est-un-operateur-de-big-data/).
Ne vous y trompez pas, nous ne sommes pas des pro-libéraux primaires ni des défenseurs des multinationales Amazon et Google dont tout le monde sait qu’elles oublient de payer leur dû aux impôts français. Mais que penser de la manœuvre commerciale du gestionnaire français, qui bafoue les règles de la libre concurrence supposée justifier l'évolution du marché de l'énergie, lesquelles pourraient profiter à d'autres sociétés, notamment françaises? Sous le prétexte fallacieux de permettre une maîtrise de l’énergie, Linky a été imposé à tous via la loi de transition énergétique de 2015. Dans les faits Linky ne rend pas le service escompté de maîtrise de l’énergie ainsi que la Cour des comptes le soulignait dernièrement : « Les gains que les compteurs peuvent apporter aux consommateurs sont encore insuffisants. Ce sont pourtant eux qui justifient l’importance de l’investissement réalisé » (https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2018-01/07-compteurs-communicants-Linky-Tome-1.pdf)
En fin de compte nous ne sommes que des consommateurs captifs dans un marché des plus juteux où le jeu de la concurrence, qui par définition nous échappe, est de surcroît loin d’être des plus loyaux. N’oublions pas non plus que nous sommes les dindons de la farce car Enedis nous fera payer son système sans accord de notre part, à raison de 15 par an pendant dix ans par le biais du TURPE (tarif d'utilisation des réseaux publics d'électricité). La Cour des comptes pointe les 500 millions d'euros de bénéfices prévus pour Enedis sur le dos de ses clients.
Que comptez-vous faire concrètement, Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les Conseillers, pour éviter à vos administrés de n’être que les victimes du commerce et de la concurrence déloyale perpétrée par Enedis au nom de faux arguments environnementaux ?

Avec nos salutations respectueuses.
Le collectif anti-Linky de Noisy-le-Sec

vendredi 18 mai 2018

Message 8 aux élus de Noisy le Sec - Linky, Le principe de précaution bafoué

Monsieur le Maire,
Mesdames et Messieurs les Conseillers,
Vous n'êtes pas sans savoir que le rapport de l'ANSES intitulé "Radiofréquences et santé" (mai 2017, https://www.anses.fr/fr/system/files/CDLR-mg-RadiofrequencesetSante9.pdf) met ouvertement le doigt sur les dangers des champs électromagnétiques - ceux liés à l'utilisation des téléphones portables, des antennes relais et de toute sorte d'appareils à l'origine de perturbations sur le plan sanitaire. Le compteur Linky - dont la deuxième génération devrait en plus être doté d'un Émetteur Radio Linky (ERL) - fait baigner nos logements dans un flux constant de radiofréquences de 75 Khz émises par le courant porteur en ligne (CPL) injecté dans des réseaux électriques domestiques non blindés, prévus pour supporter un courant à 50 Hz. Ce qui, en équivalence en termes de poids, revient à faire supporter 75 kg à un support prévu pour 50 g.
Avec les précautions de langage qui s'imposent dans un rapport officiel, l'ANSES déclare que "de manière générale, les évaluations de risques qui s’appuient sur ces travaux ne concluent pas à un risque associé aux ondes électromagnétiques, mais ne peuvent conclure quant à l’absence d’un risque" (p. 8). Mais ajoute plus explicitement : "Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé en 2011 les champs électromagnétiques de radiofréquences dans le groupe 2B comme pouvant être cancérogènes pour l’homme, sur la base d’un risque accru de gliome, associé à l’utilisation du téléphone sans fil. Cette classification a marqué un tournant dans l’évaluation des risques sur ce sujet. Comme l’a souligné Christopher Wild (Directeur du CIRC) : 'Étant donné les implications de cette classification et de ces résultats pour la santé publique, il est crucial que des recherches supplémentaires soient menées sur l’utilisation intensive à long terme des téléphones portables'" (p. 9).
Dans les pages suivantes du même rapport - où sont reconnues la faiblesse des études actuellement disponibles et notre mauvaise connaissance des effets des champs magnétiques sur l'organisme humain - on trouve une sévère mise en garde contre les effets des ondes notamment sur les enfants. En particulier en cas de proximité de l'émetteur et de longue durée d'exposition : le compteur Linky n'est pas nommé, mais on dirait bien que c'est de lui qu'on parle.
Et que dire du "respect des normes" dont se prévaut Enedis pour parler d'innocuité du Linky quand on sait que les normes ont été établies précisément pour ne jamais pouvoir être dépassées (cf. "Ondes électromagnétiques: une pollution invisible, par Olivier Cachard, Le Monde diplomatique, février 2017) ?
S'il est un élément qui parle tout seul, c'est bien le développement exponentiel du syndrome d'électrohypersensibilité (EHS) au sein de la population. L'appel des médecins et professionnels de santé en faveur d'une reconnaissance officielle de l'électrohypersensibilité (EHS), lancé à l'occasion du colloque du 11 février 2016 à l’Assemblée nationale, a d'ailleurs sonné l'alarme  (https://www.poal.fr/blog/electro-hypersensibilite/appel-medecins-reconnaissance-de-lelectro-hypersensibilite), faisant écho à l'appel de Fribourg, lancé par des médecins allemands dès 2002 (http://www.priartem.fr/Appel-de-Fribourg.html).
Enfin, les 700.000 concentrateurs qu'Enedis prévoit de poser sur tout le territoire français, qui se comporteront comme autant de mini-antennes-relais, ne pourra que densifier sérieusement le brouillard électromagnétique dans lequel nous baignons déjà du fait de l'ampleur des télécommunications par voie satellitaire. Or force est de constater qu'aucune étude n'est disponible à ce jour - à notre connaissance - sur les effets cumulatifs de la pollution électromagnétique dans l'espace public comme à l'intérieur de nos logements.
Quand le scandale éclatera au grand jour, qui pourra dire : je ne savais pas ?
La stratégie appliquée par Enedis pour faire accepter son capteur ressemble fort à celle mise en œuvre par le lobby de l'amiante, qui a réussi à retarder l'interdiction de cette matière notoirement cancérigène des décennies durant. Elle correspond bien à ce qu'Annie Thébaud-Mony - directrice de recherche honoraire à l'Inserm et chercheuse associée au Groupement d'intérêt scientifique sur les cancers d’origine professionnelle à l'université Paris 13 - définit comme "paradigme du doute" dans son livre La science asservie : négation des "effets sanitaires de toxiques notoires" et "instrumentalisation de l’épidémiologie dans la construction de l'invisibilité des victimes des risques industriels" (p. 17-18).
Bien que le principe de précaution ait été intégré dans la Constitution, Enedis continue à le bafouer allègrement. La pose forcée des capteurs Linky continue, la propagande en faveur de ce programme ne se démentit pas, même si plusieurs médias ont commencé à prendre en compte certains des arguments des opposants.
Nous avons bien sûr noté que le conseil municipal de Noisy, par le vœu qu'il a adopté le 21 mai 2015 (p. 39 du compte-rendu : http://www.noisylesec.net/kiosque/_5617ad1408942.pdf), a fait preuve d'une certaine sensibilité aux problèmes que crée la multiplication des ondes électromagnétiques dans notre environnement quotidien, et nous osons toujours espérer qu'il ne s'agit pas là d'un simple vœu pieux.
Que comptez-vous faire concrètement, Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les Conseillers, pour protéger la santé de vos administrés ?
Avec nos salutations respectueuses.
Le collectif anti-Linky de Noisy-le-Sec

dimanche 6 mai 2018

Message 7 aux élus de Noisy le Sec - Linky, Un plan social qui ne dit pas son nom

Monsieur le Maire,
Mesdames et Messieurs les Conseillers,

Comme vous le savez sans doute, Enedis prétend que le capteur qu'il voudrait imposer à tout le monde est sans conséquence sur l'emploi : les 5 000 postes de releveurs destinés à être supprimés seraient compensés par la création d'autant de postes dans les entreprises qui fabriquent et posent le Linky.
Cette propagande est parfaitement mensongère. La réalité, si elle est difficile à saisir, est bien moins reluisante.
Même en s'en tenant au chiffre d'Enedis, le simple bons sens empêche de considérer que des emplois temporaires et sous statut précaire peuvent compenser des postes pérennes et non délocalisables.

Mais ce chiffre lui-même est-il fiable ?
Puisqu'il n'y a pas de données officielles claires sur le sujet, il faut tenter de recouper les sources disponibles. Nous mettons donc à votre disposition les informations que nous avons recueillies.
- Le nombre de postes de releveurs (aujourd'hui confiés à des contractuels et à des sous-traitants) serait, selon certaines sources, d'au moins 6 000 ; leur suppression pourrait « financer » une partie de l’investissement prévu dans le « business plan » d'Enedis. (http://stoplinky54.over-blog.com/2016/03/pourquoi-linky-est-dangereux.html) ;
- le député Hubert Wulfranc, dans sa question au gouvernement n° 3708 du 12 décembre 2017 (et toujours sans réponse), nous apprend qu'"Enedis entend supprimer 10 000 emplois de releveurs de compteurs lorsque le réseau de relève automatique sera opérationnel. Aussi, les opposants au déploiement du compteur Linky estiment que l'opération sera globalement négative pour l'emploi national une fois l'opération de pose achevée, d'autant plus que trois des six fournisseurs de compteurs Linky sont étrangers".
- "La fédération CGT mines-énergie estime, elle, à 5 400 le nombre de postes risquant d’être supprimés d’ici [2017] à 2021" (https://www.humanite.fr/linky-le-compteur-qui-fait-peter-les-plombs-646655).

En fait les dégâts se feront sentir bien au-delà du cercle des contractuels et des entreprises sous-traitantes, et commencent d'ailleurs déjà à se voir chez Enedis même. Selon la CGT d'Enedis, les économies imposées par EDF à sa filiale impliqueraient "la suppression de 2 000 postes en deux ans sur les 38 507 existants, une modération salariale, ainsi qu’une remise en cause de la plupart des accords sociaux". Il s'agit sans doute de postes d'administratifs à statut (qui traitent les relevés) et de ceux qui organisent et effectuent les interventions techniques sur place, etc.
En discutant avec des salariés d'Enedis on apprend en outre qu'il y a d'ores et déjà des réductions d'effectifs qui touchent les équipes chargées des interventions techniques et de la maintenance.

Enedis ayant le monopole de l'entretien du réseau électrique, elle n'est soumise à aucun impératif dicté par la concurrence. Quelle nécessité impose à cette entreprise de détruire 15 000 à 20 000 postes de travail pérennes et non délocalisables ?

Que comptez-vous faire, Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les Conseillers, pour vous opposer à cette casse sociale qui va toucher aussi notre ville et vos administrés ?

Veuillez agréer, Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les Conseillers, l’expression de nos salutations respectueuses.
Le collectif anti-Linky de Noisy-le-Sec

jeudi 26 avril 2018

Message 6 aux élus de Noisy le Sec - Linky, Des méthodes de voyou

Monsieur le Maire,
Mesdames et Messieurs les Conseillers,

Vous n'êtes pas sans savoir que, si la Loi de transition énergétique préconise la mise à disposition du distributeur d’énergie des données de consommation des usagers (Article L322-8 -https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=435BE3208FDDAC1D4B120F1A5A4600FB.tpdila07v_1?idArticle=LEGIARTI000031067884&cidTexte=LEGITEXT000023983208&dateTexte=20160223), cette même loi n'oblige nullement les usagers à accepter le compteur communicant baptisé Linky. La preuve : aucune sanction n'a été prévue pour ceux qui n'en veulent pas.
Nous vous proposons deux documents qui éclairent le problème :
- A propos de la directive de l'Union européenne sur les compteurs communicants. Cette directive est souvent citée pour légitimer les forfaits d'Enedis, vous trouverez à l'adresse Web suivante une lettre officielle de la Commission qui renvoie très explicitement la responsabilité de leur déploiement aux différents Etats qui la composent et explique qu'il n'a rien d’obligatoire : http://refus.linky.gazpar.free.fr/Linky-Courrier-Commission-Eur.pdf
- Sur le caractère non-obligatoire de la pose du capteur Linky. Voici ci-dessous la lettre que M. Bruno Retailleau, - que l'on pourrait difficilement qualifier de dangereux gauchiste - a envoyée en 2016 à un usager qui lui demandait comment se protéger :

Enedis en revanche considère que cette pose est obligatoire, ne prévoit pas de procédures de refus et s'arroge le droit de passer en force. Et pourtant, le directeur du programme Linky, M. Bernard Lassus, a reconnu devant le Parlement qu'il n'y avait aucune obligation d'accepter le Linky chez soi. Ce qui ne l'empêche pas, dans un article de La Dépêche (https://www.ladepeche.fr/article/2018/04/22/2784934-bernard-lassus-directeur-programme-linky-chez-enedis-tout-est-tres.html) de reprendre les mensonges habituels d'Enedis, qui nie l'existence de contestations sérieuses du Linky et prétend respecter son refus par les usagers. Pour Enedis tout va très bien.

La réalité est bien différente. Pour vous en convaincre, vous trouverez en pièce jointe la fiche d’instructions qu'Enedis donnait à ses sous-traitants, les incitant à passer outre les différentes formes d'opposition.
Et à titre d'illustration de ces méthodes de voyou, nous vous proposons ci-dessous une petite sélection d’articles de presse relatant les pressions, et parfois les véritables agressions, subies pas des usagers qui s'opposaient à l'installation des capteurs Linky :

Biarritz
Dijon
Pau
Île de Ré
Rouen
Plouha, Côtes d'Armor
Pamiers
Plouzané
Marmande et Villeneuve-sur-Lot
La Bastide
Castres
Béziers
Eguilles

Et comme cerise sur le gâteau, vous pourrez apprécier le face-à-face entre M. Lassus et M. José Mercier, maire de Bovel, qui, en réponse au mensonge du premier sur l'absence de poses forcées, lui fournit en direct sur France 5 une copie de la plainte déposée contre ses exécutants par un habitant de sa commune: https://www.youtube.com/watch?v=HTV0VmLhcVo

Toujours en pièce jointe, vous trouverez le tract que nous avons distribué dans le quartier de la Boissière après la pose forcée des "compteurs" qui a précédé le départ de feu dont vous avons déjà informé.

Que comptez-vous faire, Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les Conseillers, pour protéger vos administrés de ces méthodes scandaleuses et brutales ?

Avec nos salutations respectueuses.
Le collectif anti-Linky de Noisy-le-Sec

2 pièces jointes :

vendredi 20 avril 2018

Message 5 aux élus de Noisy le Sec - Linky, Des données bien trop profitables

Monsieur le Maire,
Mesdames et Messieurs les Conseillers,

Dans sa propagande, Enedis prétend que ses compteurs Linky ne sont pas piratables et que les données personnelles des usagers qu'ils pourront lui fournir ne seront jamais exploitées sans leur consentement.

Des hackers avaient pourtant, dès 2012, expliqué à qui voulait les écouter que ces compteurs étaient très faciles à pirater. "Ils ont été capables d'utiliser cette faille de sécurité et ainsi d'intercepter et modifier les communications émises par le compteur en utilisant leur propre routeur. En testant individuellement chaque appareil électronique de leur foyer, ils ont alors remarqué que chaque type d'appareil (réfrigérateur, écran TV...) possédait une signature électrique différente. (...) Également présent à la conférence, le PDG de Discovergy a confirmé que la consommation électrique était bien analysée de manière très fine par le compteur (toutes les deux secondes)." (http://www.clubic.com/reseau-informatique/securite-reseaux/actualite-469414-compteurs-linky-hackes.html)

En outre, le récent scandale Facebook montre bien que la promesse de protection des données faite par les responsables des entreprises qui les collectent ne vaut pas mieux que les promesses électorales.

En France, la CNIL a mis en demeure le fournisseur Direct Énergie à cause de sa gestion désinvolte des données personnelles de ses clients.
Comme le révèle Le Monde, "Direct Energie a d’ailleurs lancé il y a quelques semaines une offre spéciale Linky qui programme à distance le ballon d’eau chaude". (http/www.lemonde.fr/pixels/article/2018/03/27/linky-la-cnil-met-en-demeure-direct-energie-a-propos-des-donnees-personnelles_5276916_4408996.html#SRSHRkxKCQSiq58A.99)
Ce qui prouve bien que les appareils électriques ont une signature spécifique, que les opérateurs ont la main sur nos appareils, chez nous, au point de pouvoir les allumer et les éteindre à leur guise, comme l'avouait le PDG en vantant son offre "heures super-creuses" (https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/l-interview-eco/xavier-caitucoli-direct-energie-nous-inventons-les-heures-super-creuses_2633696.html).

Pour compléter notre propos sur la faiblesse informatique de ces "compteurs", nous vous envoyons en pièce jointe l'article publié par le numéro 32 de Canard PC Harware.
Cet article reprend les arguments et la propagande d'Enedis, mais ses auteurs ont testé ce "compteur" et ne peuvent pas éviter de faire part aux lecteurs de leurs découvertes. Entre autres choses, on y apprend qu'on peut facilement frauder sans laisser de traces : "En pratique, un squatteur investissant par exemple un logement inoccupé - dont l’électricité a été coupée - pourrait utiliser cette technique pour rétablir le courant gratuitement. De façon plus anecdotique, il devient aussi possible d'outrepasser les limites de puissance fixées par l’abonnement souscrit : l'aimant empêchant le compteur de couper le courant en cas de dépassement. D'autres scénarios (que nous ne décrirons pas ici) sont également possibles..."
L'article rappelle ensuite les remarques de la Cour des comptes au sujet des profits faits par Enedis sur le dos des usagers : "Cette incitation à ne pas prendre du retard (afin de toucher le bonus) pourrait bien expliquer la décision de déployer à marche forcée des millions de compteurs à la norme CPL G1, alors que ceux-ci étaient quasiment déjà obsolètes avant même d'être posés."

On a donc affaire à des objets incapables d’empêcher la fraude (alors que la lutte contre la fraude est une des justifications du Linky invoquées par Enedis), obsolètes, qui devront être changés sans doute avant les dix ans de vie qu'on leur accorde officiellement... mais qui permettent de collecter des précieuses données personnelles, comme l'avouait imprudemment M. Monloubou, PDG d'Enedis, avant l'apparition des premières résistances.

Or, EDF, la maison mère d'Enedis, connaît de graves difficultés financières, au point que son
directeur financier a démissionné en 2016 suite au choix hasardeux de sa direction de poursuivre le projet d'EPR à Hinkley Point. Sans l’intervention de l'Etat qui a renfloué son capital, dans un pays normal EDF aurait dû mettre la clé sous la porte.
La montagne de données qu'Enedis va pouvoir collecter grâce au Linky est une véritable mine d'or. Est-il pensable que, malgré toutes ses promesses de ne pas les exploiter commercialement, Enedis et EDF restent assis sur ce tas d'or sans penser à le faire fructifier ?
Ses concurrents - Direct Énergie en tête - montrent bien comment les données seront utilisées, avec ou sans autorisation des usagers.

Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les Conseillers, vous savez aussi bien que nous que le meilleur moyen de protéger les données est d'éviter qu'elles soient collectées.
Que comptez-vous faire pour protéger vos administrés de ce pillage organisé, totalement illégitime ?

Avec nos salutations respectueuses.
Le collectif anti-Linky de Noisy-le-Sec

à lire "on a hacké Linky"